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Bien dans leur peau en affaires

14 mai 2019

Andrea Gomez a laissé tomber une carrière chez Revenu Québec pour créer sa propre entreprise qui aura un impact immédiat sur la vie des gens.

« J’ai aimé travailler en gestion de projets au gouvernement, mais je me suis vite rendu compte qu’il n’était pas facile de faire bouger les choses dans une grande organisation. Or, j’ai toujours voulu un travail qui me permettrait d’apporter des améliorations dans la vie des gens », raconte Andrea Gomez.

Elle s’est lancée en affaires les yeux ouverts pour fonder Omy Laboratoires avec son associée, Rachelle Séguin. La spécialité d’Omy : des cosmétiques formulés sur mesure grâce à une application d’intelligence artificielle.

Rencontre décisive

Elle travaillait encore chez Revenu Québec quand elle a commencé à monter son projet d’entreprise dans un domaine qui la passionnait : les cosmétiques.

Son concept initial : des palettes de maquillage faites sur mesure. Elle avait toutefois besoin de l’expertise d’un chimiste pour développer les formules de ses fards qui rencontreraient ses standards de qualité.

Elle l’a trouvé en la personne de Rachelle Séguin, chimiste cosméceutique. Or, elle avait elle-même un projet d’entreprise en développement pour créer des produits de soins pour le visage faits aussi sur mesure.

« Nos concepts étaient complémentaires, c’était logique de les réunir dans la même entreprise. Une semaine après notre première rencontre, nous sommes parties à New York pour rencontrer des fournisseurs. Un bon test pour apprendre à se connaître. C’est comme ça que tout a commencé pour Omy. »

Une application unique

Les deux associées avaient la même vision : créer des produits composés d’ingrédients naturels, 100 % végans, sans parfum et non testés sur les animaux.

Pour être bien au fait des innovations dans le secteur de la cosmétique, elles ont couru les expositions commerciales à l’étranger. C’est à Amsterdam que Rachelle a rencontré le concepteur d’une nouvelle technologie d’analyse de peau 3D basée sur l’intelligence artificielle.

« C’est révolutionnaire, soutient Andrea Gomez. L’analyse de la peau se fait en ligne à partir d’une simple photo du visage démaquillé. Différents éléments sont pris en compte comme l’hydratation, la présence de rougeurs, de signes de vieillissement, l’hyperpigmentation ou des irrégularités du teint. Cela permet de créer des produits adaptés aux besoins spécifiques de la personne. »

Omy a acquis une licence d’exploitation pour son application Analyse SkinIA et est ainsi devenue « la première entreprise de cosmétiques à l’utiliser au Canada ».

Courir les concours

Après une phase de développement et de tests, les dirigeantes ont lancé la production des produits Omy au début de 2018. Comme elles font partie d’Entrepreneuriat Laval, l’incubateur de l’Université Laval, elles ont pu s’installer dans les laboratoires de leur alma mater et profiter d’équipements à la fine pointe.

En plus de leurs économies personnelles, elles ont bénéficié de différentes aides financières pour l’investissement de départ.

« On participe à tous les concours en entrepreneuriat pour lesquels on se qualifie. En un an, on a ainsi récolté 145 000 $ en bourses et en subventions. »

Pour la mise en marché, elles privilégient trois canaux de commercialisation : les boutiques éphémères qui leur permettent de rencontrer la clientèle et de faire connaître les produits, la vente en ligne et la distribution dans les salons d’esthétique.

Omy Laboratoires emploie aujourd’hui cinq personnes à temps plein en plus de six conseillères en cosmétiques à temps partiel. Un directeur des ventes s’ajoutera bientôt à l’équipe.

De son côté, Andrea Gomez a laissé son poste à Revenu Québec en janvier dernier. « Cumuler les deux emplois était devenu impossible. Et il y a encore beaucoup à faire pour mener Omy là où on veut. »

Dès 2020, les associées souhaitent étendre leur marché vers l’Ontario puis vers les autres provinces canadiennes. D’ici là, elles veulent optimiser le processus de production, développer de nouveaux produits qui s’ajouteront à la gamme déjà étendue de crèmes pour le visage et le corps, de maquillage et d’accessoires.

Andrea Gomez n’avait jamais vraiment rêvé d’être entrepreneure. Aujourd’hui, elle ne regrette pas le choix qui s’est imposé à elle. « L’aventure de l’entrepreneuriat, c’est le plus beau cadeau qu’on peut se faire à soi-même. Dans les hauts comme dans les bas, on puise dans nos ressources personnelles et on découvre qui on est vraiment. C’est une rencontre avec soi-même ! »

Andrea Gomez, 27 ans

  • MBA – Stratégie et Innovation, Université Laval (en cours)
  • Baccalauréat en administration des affaires, Université Laval, 2016
  • Conseillère en gestion de projet, Revenu Québec, 2013 à 2019
  • Cofondatrice d’Omy Laboratoires, 2018

UNE DE NOS MEILLEURES DÉCISIONS

  •  « Oser quitter mon emploi pour vivre mon rêve. Je suis fatiguée, mais épanouie. »

UNE DE NOS PIRES DÉCISIONS

  • « Sous-traiter la fabrication des produits de base. Ils ne rencontraient pas nos standards. C’est 12 000 $ qui se sont retrouvés à la poubelle. »

Source: JDM