{"id":1377,"date":"2019-08-11T16:06:59","date_gmt":"2019-08-11T16:06:59","guid":{"rendered":"https:\/\/rpgl.ca\/?p=1377"},"modified":"2019-08-11T16:06:59","modified_gmt":"2019-08-11T16:06:59","slug":"les-champions-du-bonheur-au-travail","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rpgl.ca\/en\/les-champions-du-bonheur-au-travail\/","title":{"rendered":"Les champions du bonheur au travail"},"content":{"rendered":"<div class=\"entry-heading\">\n<div class=\"row\">\n<header class=\"entry-header col-sm-9 col-lg-10\">\n<p class=\"entry-lead\">Qu\u2019ont en commun les dentistes, les coiffeurs et les courtiers immobiliers ? Ils sont particuli\u00e8rement heureux au travail, selon un grand sondage L\u00e9ger qui a mesur\u00e9 le degr\u00e9 de bonheur au boulot des Qu\u00e9b\u00e9cois. Une \u00e9tude qui r\u00e9v\u00e8le par ailleurs que les facteurs qui accroissent le bonheur professionnel ne sont pas toujours ceux que l\u2019on croit.<\/p>\n<\/header>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"entry-body\">\n<div class=\"entry-content-wrapper\">\n<div class=\"row\">\n<div class=\"entry-content col-auto\">\n<p class=\"has-dropcap dropcap-primary\">Le blues du dimanche soir n\u2019existe plus pour M\u00e9lanie Brisson. Au tournant de la quarantaine, cette ancienne repr\u00e9sentante pharmaceutique a pris les grands moyens pour retrouver le plaisir de se rendre au boulot : elle a suivi une formation intensive en coiffure et elle s\u2019est achet\u00e9 un salon.<\/p>\n<p>\u00ab Je n\u2019ai pas l\u2019impression que c\u2019est un travail, je m\u2019amuse ! \u00bb dit la souriante ch\u00e2taine, en m\u2019offrant (par la magie de Skype) une visite guid\u00e9e du salon Kudsac, install\u00e9 dans une magnifique maison ancestrale en briques de deux \u00e9tages, non loin du Vieux-Trois-Rivi\u00e8res. Elle partage son quotidien avec cinq coll\u00e8gues travailleurs autonomes, qui lui louent un espace et qui ont l\u2019air tout aussi heureux qu\u2019elle. Les rires fusent d\u00e9j\u00e0 alors qu\u2019ils sont en train de faire des m\u00e8ches aux premi\u00e8res clientes du matin.<\/p>\n<p>M\u00eame si la nouvelle risque d\u2019en surprendre plus d\u2019un, M\u00e9lanie Brisson n\u2019est aucunement \u00e9tonn\u00e9e que les coiffeurs figurent au troisi\u00e8me\u00a0rang du tout nouveau palmar\u00e8s de l\u2019Indice de bonheur L\u00e9ger au travail. Bas\u00e9 sur les r\u00e9ponses \u00e0 un\u00a0<a href=\"https:\/\/indicedebonheur.com\/indice-du-bonheur-au-travail\/questionnaire\/?utm_source=actualite&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=palmares-des-professions\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">questionnaire en ligne rempli par 17 000 Qu\u00e9b\u00e9cois<\/a>, il pr\u00e9sente un classement du bonheur selon les professions. En plus de piquer la curiosit\u00e9, il peut donner mati\u00e8re \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir aux travailleurs autant qu\u2019aux dirigeants d\u2019organisation.<\/p>\n<p>Le bien-\u00eatre des employ\u00e9s est en effet devenu une obsession dans les entreprises depuis que s\u2019accumulent les \u00e9tudes d\u00e9montrant que le bonheur rend plus productif. Une v\u00e9ritable industrie du bonheur en est d\u2019ailleurs n\u00e9e : des jeunes pousses vendent des logiciels pour le mesurer, des consultants offrent des solutions personnalis\u00e9es pour l\u2019am\u00e9liorer, des conf\u00e9renciers proposent des s\u00e9minaires pour le d\u00e9cortiquer.<\/p>\n<p>\u00ab Auparavant, ce qu\u2019on mesurait, c\u2019\u00e9tait la satisfaction au travail ; durant les cinq derni\u00e8res ann\u00e9es, c\u2019\u00e9tait\u00a0l\u2019engagement au travail ; et maintenant, c\u2019est le bonheur au travail \u00bb, dit le pr\u00e9sident fondateur de la maison de sondage, Jean-Marc L\u00e9ger.<\/p>\n<p>Les patrons et les directeurs des ressources humaines commencent enfin \u00e0 comprendre qu\u2019il ne suffit pas d\u2019offrir des bonbons \u00e0 volont\u00e9 ou d\u2019installer une table de baby-foot pour instiller de la bonne humeur dans un bureau. La nature des t\u00e2ches et le sentiment de comp\u00e9tence sont bien plus efficaces pour faire bouger l\u2019aiguille sur le barom\u00e8tre du bonheur.<\/p>\n<p>C\u2019est d\u2019ailleurs l\u2019un des messages cl\u00e9s de la derni\u00e8re enqu\u00eate annuelle du cabinet-conseil Deloitte sur les tendances mondiales en ressources humaines. Pour cr\u00e9er une exp\u00e9rience de travail positive et motivante, le plus important, c\u2019est le travail lui-m\u00eame ! \u00ab Les entreprises doivent cesser de concevoir l\u2019exp\u00e9rience au travail en fonction de r\u00e9compenses, d\u2019avantages sociaux ou m\u00eame de soutien offert aux employ\u00e9s, et plut\u00f4t s\u2019assurer que chaque personne occupe un poste qui lui correspond et qui a du sens \u00e0 ses yeux \u2014 et ce, pour tous les employ\u00e9s de l\u2019entreprise \u00bb, \u00e9crivent les analystes de Deloitte.<\/p>\n<blockquote class=\"exergue text-primary\"><p>L\u2019indice de bonheur au travail global moyen des Qu\u00e9b\u00e9cois est de 72,64. Sachant qu\u2019une personne qui vivrait le nirvana au boulot aurait un indice de 100, ce r\u00e9sultat n\u2019est pas si mal\u2026 mais il n\u2019a rien d\u2019extraordinaire non plus.<\/p><\/blockquote>\n<p>Il reste du chemin \u00e0 faire puisque, parmi les 10 000 responsables de ressources humaines de 119 pays qui ont r\u00e9pondu \u00e0 l\u2019enqu\u00eate de Deloitte, seulement la moiti\u00e9 pensent que les travailleurs de leur organisation sont satisfaits de leur poste ! Les autres savent que les employ\u00e9s de leur entreprise vivent des insatisfactions, que ce soit en mati\u00e8re de t\u00e2ches \u00e0 accomplir, d\u2019outils, d\u2019autonomie ou de charge de travail. Cela fait beaucoup de monde m\u00e9content.<\/p>\n<p>C\u2019est la r\u00e9alit\u00e9 que semble avoir saisie le sondage L\u00e9ger : l\u2019indice de bonheur au travail global moyen des Qu\u00e9b\u00e9cois est de 72,64. Sachant qu\u2019une personne qui vivrait le nirvana au boulot aurait un indice de 100, ce r\u00e9sultat n\u2019est pas si mal\u2026 mais il n\u2019a rien d\u2019extraordinaire non plus.<\/p>\n<p>Le niveau de bonheur d\u00e9clar\u00e9 par les chauffeurs, les caissiers ou les agents correctionnels, entre autres, plombe la moyenne. La faible autonomie d\u00e9cisionnelle dont ils disposent et les difficiles conditions d\u2019exercice de leur m\u00e9tier sont bien s\u00fbr en cause. Autre exemple frappant : \u00ab Alors que les m\u00e9decins figurent tr\u00e8s haut dans le palmar\u00e8s, les infirmi\u00e8res se trouvent plut\u00f4t bas, notamment en raison du peu de reconnaissance qu\u2019elles obtiennent \u00bb, souligne Pierre C\u00f4t\u00e9, concepteur de l\u2019indice du bonheur.<\/p>\n<p>Ce\u00a0consultant en marketing et communication, auteur et conf\u00e9rencier\u00a0a d\u2019abord mis au point un indice du bonheur dans la vie en 2006, l\u2019Indice relatif de bonheur (devenu l\u2019Indice de bonheur L\u00e9ger l\u2019an dernier), avant de concevoir un indice mesurant plus exactement le bonheur au travail.<\/p>\n<p>Au fil des ans, Pierre C\u00f4t\u00e9, aujourd\u2019hui directeur de recherche de L\u00e9ger, a raffin\u00e9 celui-ci en s\u00e9lectionnant les six facteurs qui ont le plus d\u2019influence : la r\u00e9alisation de soi, les relations de travail (avec les coll\u00e8gues et le sup\u00e9rieur imm\u00e9diat), la reconnaissance (offerte par l\u2019employeur), la responsabilisation (les responsabilit\u00e9s qui nous sont confi\u00e9es), la r\u00e9mun\u00e9ration et le sentiment d\u2019appartenance (envers l\u2019organisation). C\u2019est en posant des centaines de questions dans des dizaines de sondages pendant plus d\u2019une d\u00e9cennie qu\u2019il les a d\u00e9termin\u00e9s.<\/p>\n<div class=\"boxed box-padding bg-primary\">\n<h2 data-style=\"h4\">Six facteurs qui ont le plus d\u2019influence sur le bonheur au travail, selon\u00a0 L\u00e9ger<\/h2>\n<ul>\n<li>la r\u00e9alisation de soi<\/li>\n<li>les relations de travail avec les coll\u00e8gues et le sup\u00e9rieur imm\u00e9diat<\/li>\n<li>la reconnaissance offerte par l\u2019employeur<\/li>\n<li>la responsabilisation (les responsabilit\u00e9s qui nous sont confi\u00e9es)<\/li>\n<li>la r\u00e9mun\u00e9ration<\/li>\n<li>le sentiment d\u2019appartenance envers l\u2019organisation<\/li>\n<\/ul>\n<\/div>\n<p>\u00ab Il y en a d\u2019autres, mais ce sont les plus fondamentaux, dit-il. La r\u00e9alisation de soi, c\u2019est le premier facteur d\u2019influence du bonheur au travail, mais aussi dans la vie. C\u2019est essentiel. \u00bb L\u2019algorithme de L\u00e9ger donne d\u2019ailleurs plus de poids \u00e0 cet \u00e9l\u00e9ment dans le calcul de l\u2019indice. Un emploi a beau \u00eatre payant, il ne nous rendra pas heureux s\u2019il ne nous permet pas de mettre \u00e0 profit notre exp\u00e9rience et de nous \u00e9panouir dans des t\u00e2ches valorisantes et utiles.<\/p>\n<p>Professeur \u00e0 la London School of Economics, David Graeber a document\u00e9 le ph\u00e9nom\u00e8ne des \u00ab emplois \u00e0 la con \u00bb dans le livre\u00a0<em>Bullshit Jobs<\/em>, rapidement devenu un\u00a0<em>best-seller<\/em>\u00a0apr\u00e8s sa publication en 2018. Cet universitaire, \u00e0 la fois anthropologue et \u00e9conomiste, soutient que le capitalisme moderne a engendr\u00e9 par milliers des emplois vides de sens, autant dans les entreprises priv\u00e9es que dans les services publics. Des emplois de commis et de gratte-papier, mais aussi des postes de cadres interm\u00e9diaires ou d\u2019analystes, condamn\u00e9s \u00e0 produire des rapports ou \u00e0 pondre des strat\u00e9gies qui ne serviront \u00e0 rien, \u00e0 part peut-\u00eatre faire l\u2019objet d\u2019une jolie pr\u00e9sentation PowerPoint que le vice-pr\u00e9sident pourra montrer en r\u00e9union.<\/p>\n<p>\u00ab Comment s\u2019\u00e9tonner que cela engendre de la rage et de l\u2019aigreur ? \u00bb demande David Graeber. Dans certains cas, cela m\u00e8ne tout bonnement \u00e0 la d\u00e9pression. Et pourquoi donc le syst\u00e8me capitaliste, r\u00e9put\u00e9 efficace, entretient-il une telle situation ? Parce que ces gens sont tr\u00e8s occup\u00e9s, gagnent de bons salaires et ont des tas de besoins (v\u00eatements, d\u00eeners d\u2019affaires), une formule \u00e9prouv\u00e9e pour maintenir les fondements de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation, analyse le professeur.<\/p>\n<p>Aux yeux de David Graeber, le m\u00e9tier de coiffeur, auquel il consacre plusieurs pages de son livre, est tout le contraire d\u2019un emploi \u00e0 la con. Non seulement ce travailleur cr\u00e9e quelque chose de concret, mais son r\u00f4le va souvent bien au-del\u00e0 du geste de couper ou teindre la chevelure de ses clients.<\/p>\n<p>La coiffeuse M\u00e9lanie Brisson peut en t\u00e9moigner : \u00ab Quand on va chez le coiffeur, m\u00eame si \u00e7a ne va pas bien cette journ\u00e9e-l\u00e0, habituellement, \u00e7a va mieux en ressortant ! Nos clientes s\u2019offrent ce moment pour d\u00e9crocher, sans enfant ni t\u00e9l\u00e9phone. Une cliente m\u2019a \u00e9crit pour me remercier r\u00e9cemment, parce que je l\u2019avais fait rire et se relaxer. C\u2019est tr\u00e8s valorisant. \u00bb Ce qui l\u2019enchante le plus : les changements de style. L\u2019effet \u00ab wow \u00bb est alors encore plus puissant.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-712099 size-medium aligncenter lazyautosizes lazyloaded\" src=\"https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/55fad4b3-lat09_bonheur-copie-480x548.jpg\" sizes=\"auto, 480px\" srcset=\"https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/55fad4b3-lat09_bonheur-copie-480x548.jpg 480w, https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/55fad4b3-lat09_bonheur-copie-320x366.jpg 320w, https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/55fad4b3-lat09_bonheur-copie-768x877.jpg 768w, https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/55fad4b3-lat09_bonheur-copie-1200x1371.jpg 1200w\" alt=\"\" width=\"480\" height=\"548\" data-src=\"https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/55fad4b3-lat09_bonheur-copie-480x548.jpg\" data-aspectratio=\"0.87591240875912\" data-srcset=\"https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/55fad4b3-lat09_bonheur-copie-480x548.jpg 480w, https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/55fad4b3-lat09_bonheur-copie-320x366.jpg 320w, https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/55fad4b3-lat09_bonheur-copie-768x877.jpg 768w, https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/55fad4b3-lat09_bonheur-copie-1200x1371.jpg 1200w\" data-sizes=\"auto\" \/><\/p>\n<p class=\"has-dropcap dropcap-primary\">Les purs et durs de la science du bonheur ont n\u00e9anmoins des r\u00e9serves par rapport \u00e0 un tel exercice de classement par professions. C\u2019est le cas de Jacques Forest, psychologue organisationnel, conseiller en ressources humaines agr\u00e9\u00e9 et chercheur en psychologie du travail \u00e0 l\u2019Universit\u00e9 du Qu\u00e9bec \u00e0 Montr\u00e9al (UQAM). \u00ab Ce n\u2019est pas la profession qui am\u00e8ne le bien-\u00eatre psychologique, ce sont les conditions dans lesquelles on l\u2019exerce \u00bb, dit-il.<\/p>\n<p>Un coiffeur de salon de centre commercial aux prises avec un patron ex\u00e9crable ne ressent sans doute pas la m\u00eame satisfaction qu\u2019une coiffeuse de grande r\u00e9putation ma\u00eetre de son horaire et de sa client\u00e8le, on peut en convenir. N\u2019emp\u00eache, le milieu de travail d\u2019un coiffeur ressemble plus \u00e0 celui d\u2019un confr\u00e8re qu\u2019\u00e0 celui d\u2019un banquier ou d\u2019un plombier. C\u2019est en tout cas le pari de Pierre C\u00f4t\u00e9 et Jean-Marc L\u00e9ger. \u00ab\u00a0Une profession, c\u2019est une caract\u00e9ristique pr\u00e9cise. On est capable d\u2019avoir une vraie bonne tendance \u00bb, affirme Pierre C\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p>Jacques Forest pr\u00e9f\u00e8re tout de m\u00eame aborder la question autrement. \u00ab L\u2019\u00eatre humain doit satisfaire trois besoins psychologiques inn\u00e9s et universels. Si vous obtenez ces \u201cvitamines psychologiques\u201d tous les jours, vous vous sentirez bien, que vous soyez l\u2019astronaute David Saint-Jacques ou un col bleu \u00bb, explique-t-il. De nombreuses \u00e9tudes publi\u00e9es dans des revues scientifiques l\u2019ont prouv\u00e9, dont une bas\u00e9e sur un \u00e9chantillon de 60 800 r\u00e9pondants dans 123 pays tir\u00e9 de l\u2019enqu\u00eate World Poll, que\u00a0<a href=\"https:\/\/news.gallup.com\/opinion\/gallup\/247940\/state-world-happiness-2019.aspx\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">m\u00e8ne en continu la maison de sondage Gallup<\/a>.<\/p>\n<p>Ces trois besoins essentiels sont \u2014 roulement de tambour \u2014 le besoin d\u2019autonomie, c\u2019est-\u00e0-dire se sentir authentique et libre, pouvoir agir selon ses valeurs et avoir une marge de man\u0153uvre ; le besoin de comp\u00e9tence, qui donne le sentiment d\u2019\u00eatre efficace et de pouvoir surmonter les d\u00e9fis ; et finalement, le besoin d\u2019affiliation sociale, qui consiste \u00e0 entretenir des relations interpersonnelles chaleureuses et b\u00e9n\u00e9fiques.<\/p>\n<p>\u00ab Ces besoins sont importants pour tout le monde, partout et tout le temps, dans toutes les sph\u00e8res de la vie, souligne Jacques Forest. Si vos besoins sont combl\u00e9s au travail, mais pas \u00e0 la maison, vous deviendrez\u00a0<em>workaholic<\/em>. Si c\u2019est le contraire, vous vous tra\u00eenerez les pieds jusqu\u2019au boulot pour aller qu\u00eater votre ch\u00e8que de paye. \u00bb<\/p>\n<p>Au boulot, le style de gestion de notre sup\u00e9rieur imm\u00e9diat influence \u00e9videmment la satisfaction de ces besoins. S\u2019il impose une m\u00e9thode de travail alors que d\u2019autres fa\u00e7ons de faire pourraient \u00eatre aussi efficaces, il brime notre besoin d\u2019autonomie. \u00c0 l\u2019inverse, s\u2019il organise une rencontre d\u2019\u00e9quipe et laisse les gens se partager les t\u00e2ches selon leurs pr\u00e9f\u00e9rences, il le comble. Et on pourrait donner des dizaines d\u2019autres exemples. Bref, pour \u00eatre heureux au travail, avoir un bon patron, \u00e7a aide.<\/p>\n<p>\u00c0 moins d\u2019\u00eatre son propre\u00a0<em>boss<\/em>. Plusieurs professions lib\u00e9rales, comme celles de m\u00e9decin, dentiste, psychologue ou architecte, figurent assez haut dans le classement de L\u00e9ger. Le niveau de bonheur dans la vie de ces gens semble m\u00eame \u00eatre tir\u00e9 vers le haut par leur bonheur au travail, a observ\u00e9 Pierre C\u00f4t\u00e9, alors que ceux dont le m\u00e9tier arrive au bas du classement d\u00e9clarent un niveau de bonheur dans la vie plus faible. \u00ab Souvent, le niveau de bonheur est corr\u00e9l\u00e9 au niveau de scolarit\u00e9 des gens. Ils se r\u00e9alisent, ils ont des responsabilit\u00e9s et une bonne r\u00e9mun\u00e9ration. \u00bb<\/p>\n<div class=\"boxed box-padding bg-primary\">\n<h4>LE BONHEUR CRO\u00ceT AVEC L\u2019\u00c2GE<\/h4>\n<p>Bonne nouvelle : plus on avancerait en \u00e2ge, plus on serait heureux au travail. L\u2019indice du bonheur L\u00e9ger au travail est de\u00a0<strong>70,09<\/strong>\u00a0chez les\u00a0<strong>24 ans et moins<\/strong>, et s\u2019\u00e9l\u00e8ve graduellement jusqu\u2019\u00e0\u00a0<strong>79,72<\/strong>\u00a0chez les\u00a0<strong>65 ans et plus<\/strong>.<\/p>\n<\/div>\n<p class=\"has-dropcap dropcap-primary\">L\u2019argent est cependant loin d\u2019\u00eatre suffisant pour rendre un employ\u00e9 heureux. Il en faut \u00e9videmment, et la plupart d\u2019entre nous aimerions en gagner plus. \u00ab Mais une fois le \u201cseuil de sati\u00e9t\u00e9\u201d atteint, en ajouter ne rend pas plus heureux \u00bb, dit l\u2019auteur de l\u2019indice. Ce chiffre magique pour combler les buts que l\u2019on se fixe et nous donner la place que l\u2019on d\u00e9sire dans l\u2019\u00e9chelle sociale serait un revenu annuel de 95 000 dollars am\u00e9ricains. Surprise : pour atteindre le bien-\u00eatre psychologique, c\u2019est-\u00e0-dire celui qui r\u00e9sulte des \u00e9motions v\u00e9cues quotidiennement, le seuil est plus bas, et se situerait entre 60 000 et 75 000 dollars am\u00e9ricains, ont estim\u00e9 des chercheurs de l\u2019Universit\u00e9 Purdue, aux \u00c9tats-Unis, \u00e0 la lumi\u00e8re des donn\u00e9es de l\u2019enqu\u00eate World Poll de Gallup, men\u00e9e aupr\u00e8s de 1,7 million de personnes de 164 pays.<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 de ce revenu, le bien-\u00eatre \u00e9motionnel diminue, possiblement parce que les gens ne cherchent plus \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 des besoins de base, mais sont motiv\u00e9s par la qu\u00eate de biens mat\u00e9riels et la comparaison sociale. Sans compter les exigences li\u00e9es aux postes des hauts salari\u00e9s, qui peuvent s\u00e9rieusement hypoth\u00e9quer la vie personnelle et la qui\u00e9tude d\u2019esprit. Les sondages de L\u00e9ger corroborent ces chiffres. \u00ab Le bonheur augmente \u00e0 partir de 60 000 dollars par ann\u00e9e, mais que l\u2019on gagne 100 000 dollars ou un million, \u00e7a ne change rien au niveau de bonheur \u00bb, a observ\u00e9 Jean-Marc L\u00e9ger.<\/p>\n<p>Fait int\u00e9ressant, souvent, ce n\u2019est pas tant le salaire en lui-m\u00eame qui est source d\u2019insatisfaction que les \u00e9carts salariaux importants au sein d\u2019une m\u00eame bo\u00eete. \u00ab On peut accepter de gagner moins d\u2019argent dans une entreprise en d\u00e9marrage o\u00f9 personne ne fait plus de 80 000 dollars, alors que, dans une grande entreprise, on sera insatisfait de cette somme parce qu\u2019on sait que notre coll\u00e8gue gagne plus \u00bb, illustre Jean-Marc L\u00e9ger.<\/p>\n<blockquote class=\"exergue text-primary\"><p>\u00c0 la lumi\u00e8re de l\u2019analyse de L\u00e9ger, la r\u00e9mun\u00e9ration arrive d\u2019ailleurs en queue de peloton des facteurs qui influencent le bonheur, au cinqui\u00e8me\u00a0rang sur six.<\/p><\/blockquote>\n<p>\u00c0 la lumi\u00e8re de l\u2019analyse de L\u00e9ger, la r\u00e9mun\u00e9ration arrive d\u2019ailleurs en queue de peloton des facteurs qui influencent le bonheur, au cinqui\u00e8me\u00a0rang sur six. C\u2019est sans doute ce qui explique la pr\u00e9sence de m\u00e9tiers pourtant pas si bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s parmi les 20 premi\u00e8res positions du palmar\u00e8s, dont les intervenants communautaires et les artistes (si on exclut les rares vedettes). Les repr\u00e9sentants de ces deux professions \u00e9valuent leur satisfaction quant \u00e0 leur r\u00e9mun\u00e9ration largement sous la moyenne de l\u2019ensemble des r\u00e9pondants au sondage, mais pour tous les autres facteurs, dont la r\u00e9alisation de soi, les relations de travail ou le sentiment d\u2019appartenance, leur score est au-dessus de la moyenne.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019oppos\u00e9, des professions bien r\u00e9mun\u00e9r\u00e9es se trouvent quand m\u00eame tout en bas du palmar\u00e8s, souligne Pierre C\u00f4t\u00e9. \u00ab C\u2019est le cas de tout le secteur de la s\u00e9curit\u00e9, dont les agents correctionnels, les policiers et les agents de la paix. Heureusement qu\u2019ils ont une bonne r\u00e9mun\u00e9ration, car malgr\u00e9 \u00e7a, leur bonheur au travail est tr\u00e8s faible. \u00bb<\/p>\n<p>Les \u00e9tudes sur la motivation au travail, l\u2019un des champs d\u2019expertise de Jacques Forest \u00e0 l\u2019UQAM, apportent un \u00e9clairage sur la question. \u00ab Plus la personne fait un travail parce qu\u2019elle le trouve int\u00e9ressant ou parce qu\u2019elle croit \u00e0 ce qu\u2019elle fait, plus elle exp\u00e9rimente de la performance et du bien-\u00eatre. \u00c0 l\u2019inverse, plus une personne occupe un emploi principalement pour flatter son \u00e9go ou encore pour les avantages financiers qui y sont rattach\u00e9s, plus elle aura tendance \u00e0 \u00eatre cynique et \u00e0 faire le minimum \u00bb, explique-t-il. Et c\u2019est vrai, quel que soit le secteur d\u2019activit\u00e9 ou le stade de la carri\u00e8re.<\/p>\n<p>C\u2019est sans doute cela, le secret du bonheur au travail : trouver un emploi qui nous ressemble. Peu importe sa place au palmar\u00e8s.<\/p>\n<div class=\"boxed box-padding bg-primary\">\n<h4>LE PALMAR\u00c8S<\/h4>\n<p>Le palmar\u00e8s de l\u2019Indice de bonheur L\u00e9ger au travail selon les professions offre un polaro\u00efd du niveau de bien-\u00eatre des 17 393 travailleurs qu\u00e9b\u00e9cois qui ont r\u00e9pondu au sondage en ligne entre novembre 2018 et mars 2019. Comme il s\u2019agit d\u2019un \u00e9chantillon Web non probabiliste, il n\u2019est pas possible de calculer une marge d\u2019erreur.<\/p>\n<p>\u00ab Plus il y aura de r\u00e9pondants, plus ce sera int\u00e9ressant \u00bb, affirme Jean-Marc L\u00e9ger. Il invite les gens curieux de conna\u00eetre leur propre indice de bonheur \u00e0 participer au sondage (il comporte une vingtaine de questions) sur le site\u00a0<a href=\"https:\/\/indicedebonheur.com\/indice-du-bonheur-au-travail\/questionnaire\/?utm_source=actualite&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=palmares-des-professions\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">indicedebonheur.com<\/a><strong><a href=\"https:\/\/indicedebonheur.com\/indice-du-bonheur-au-travail\/questionnaire\/?utm_source=actualite&amp;utm_medium=referral&amp;utm_campaign=palmares-des-professions\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">.<\/a><\/strong><\/p>\n<p>\u00c9videmment, les r\u00e9sultats sont \u00e0 prendre pour ce qu\u2019ils sont. \u00ab La limite, c\u2019est que \u00e7a demeure une auto\u00e9valuation \u00bb, dit Jean-Marc L\u00e9ger.<\/p>\n<p>Plus d\u2019une centaine de professions sont list\u00e9es dans le menu d\u00e9roulant. Si le palmar\u00e8s n\u2019en compte que 70, c\u2019est que les professions comprenant moins de 50 r\u00e9pondants ont \u00e9t\u00e9 \u00e9cart\u00e9es.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-712090 aligncenter lazyautosizes lazyloaded\" src=\"https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/2a71eafa-lat09_bonheur_encadre_01.jpg\" sizes=\"auto, 556px\" srcset=\"https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/2a71eafa-lat09_bonheur_encadre_01.jpg 1920w, https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/2a71eafa-lat09_bonheur_encadre_01-320x481.jpg 320w, https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/2a71eafa-lat09_bonheur_encadre_01-480x722.jpg 480w, https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/2a71eafa-lat09_bonheur_encadre_01-768x1154.jpg 768w, https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/2a71eafa-lat09_bonheur_encadre_01-1200x1804.jpg 1200w\" alt=\"\" width=\"1920\" height=\"2886\" data-src=\"https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/2a71eafa-lat09_bonheur_encadre_01.jpg\" data-aspectratio=\"0.66528066528067\" data-srcset=\"https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/2a71eafa-lat09_bonheur_encadre_01.jpg 1920w, https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/2a71eafa-lat09_bonheur_encadre_01-320x481.jpg 320w, https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/2a71eafa-lat09_bonheur_encadre_01-480x722.jpg 480w, https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/2a71eafa-lat09_bonheur_encadre_01-768x1154.jpg 768w, https:\/\/media.lactualite.com\/2019\/11\/2a71eafa-lat09_bonheur_encadre_01-1200x1804.jpg 1200w\" data-sizes=\"auto\" \/><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"col-lg-auto\">\n<aside class=\"sidebar entry-sidebar\">\n<div class=\"flex-grow-1 d-none d-lg-block\">\n<div class=\"ad ad-bigbox is-sticky is-sticky-top\">\n<div class=\"ad-inner\">\n<div id=\"div-gpt-ad-34068198-8\" class=\"ad-zone\" data-google-query-id=\"CIXhv92X--MCFZOeyAodcesJeg\">\n<div id=\"google_ads_iframe_\/\/7326\/fr.lactualite.web\/societe_5__container__\">Source: lactualite.com<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/aside>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Qu\u2019ont en commun les dentistes, les coiffeurs et les courtiers immobiliers ? 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