{"id":630,"date":"2019-04-02T22:13:57","date_gmt":"2019-04-02T22:13:57","guid":{"rendered":"https:\/\/rpgl.ca\/?p=630"},"modified":"2019-04-02T22:38:41","modified_gmt":"2019-04-02T22:38:41","slug":"jeunes-diplomes-je-ne-me-vois-pas-consacrer-trente-cinq-heures-par-semaine-a-un-boulot-qui-ne-respecte-pas-mes-valeurs","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/rpgl.ca\/en\/jeunes-diplomes-je-ne-me-vois-pas-consacrer-trente-cinq-heures-par-semaine-a-un-boulot-qui-ne-respecte-pas-mes-valeurs\/","title":{"rendered":"Jeunes dipl\u00f4m\u00e9s : \u00ab Je ne me vois pas consacrer trente-cinq heures par semaine \u00e0 un boulot qui ne respecte pas mes valeurs \u00bb"},"content":{"rendered":"<header class=\"article__header \">\n<div class=\"article__heading\">\n<h5 class=\"article__desc\">La g\u00e9n\u00e9ration des 18-24 ans, compatible avec l\u2019\u00e9cologie, se montre de plus en plus exigeante en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 sociale et environnementale. Au point de refuser une offre d\u2019emploi ?<\/h5>\n<\/div>\n<\/header>\n<section class=\"article__content old__article-content-single\">\n<figure><\/figure>\n<p>Il n\u2019est pas encore 13\u00a0heures, vendredi 15\u00a0mars, et la place du Panth\u00e9on, point de d\u00e9part de la manifestation des jeunes pour le climat \u00e0 Paris, est d\u00e9j\u00e0 noire de monde. Entour\u00e9e d\u2019une bande de copains, Nina Marchais entonne le traditionnel slogan <em>\u00ab\u00a0Et 1, et 2, et 3 degr\u00e9s, c\u2019est un crime contre l\u2019humanit\u00e9\u00a0\u00bb<\/em> au milieu d\u2019un concert de sifflets et de percussions. <em>\u00ab\u00a0Depuis la publication du rapport du Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat <\/em>[GIEC]<em>, on sait qu\u2019il faut agir\u00a0\u00bb<\/em>, lance la jeune femme de 25\u00a0ans qui suit un master\u00a02 en responsabilit\u00e9 sociale de l\u2019entreprise (RSE), \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Cergy-Pontoise.<\/p>\n<div id=\"inread-2\" class=\"dfp-slot dfp__slot dfp__inread dfp-unloaded\" data-format=\"inread\" aria-hidden=\"true\"><\/div>\n<p class=\"article__quote\">Tant au niveau personnel que professionnel.<em> \u00ab\u00a0Je ne me vois pas consacrer trente-cinq\u00a0heures par semaine \u00e0 un boulot qui ne respecte pas, ou pire, va \u00e0 l\u2019encontre de mes valeurs\u00a0\u00bb<\/em>, assure-t-elle.<em> \u00ab\u00a0Je pr\u00e9f\u00e9rerais prendre un job alimentaire plut\u00f4t que de servir les int\u00e9r\u00eats des g\u00e9ants de l\u2019industrie p\u00e9troli\u00e8re comme Total ou BP, des grosses banques qui financent des projets dans les \u00e9nergies fossiles ou des grands groupes agroalimentaires comme Ferrero \u2013 le fabricant du Nutella \u2013 ou Coca.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"article__quote\"><em><strong>J\u2019ai besoin que mon action ait un impact social positif. Tant pis si je dois, pour cela, m\u2019\u00e9loigner de ma formation initiale \u00bb<\/strong><\/em> <strong>-Marion Salles, dipl\u00f4m\u00e9e d\u2019une \u00e9cole d\u2019ing\u00e9nieurs<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Nina n\u2019est pas une exception. <a href=\"https:\/\/securemedia.newjobs.com\/xmonsterfrx\/marketing\/images\/etude_analyse_genZ-vs-genY.pdf\">Si l\u2019on en croit une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e entre le 26 f\u00e9vrier et le 13\u00a0mars 2018, par YouGov et Monster aupr\u00e8s de 5\u00a0072 r\u00e9pondants,<\/a> entre 18 et 24\u00a0ans, salari\u00e9s au Royaume-Uni, en Allemagne, en France et aux Pays-Bas, 71\u00a0% de cette tranche d\u2019\u00e2ge souhaite travailler pour une entreprise qui partage leurs valeurs. <em>\u00ab\u00a0Il y a dix ans d\u00e9j\u00e0, les jeunes dipl\u00f4m\u00e9s veillaient, avant de d\u00e9buter un emploi, \u00e0 ce que les valeurs de leur employeur soient align\u00e9es avec leurs convictions personnelles\u00a0\u00bb,<\/em> confirme Manuelle Malot, directrice du NewGen Talent Center, le centre d\u2019expertise sur les nouvelles g\u00e9n\u00e9rations de l\u2019Ecole des hautes \u00e9tudes commerciales (Edhec).<em> \u00ab\u00a0Aujourd\u2019hui, ils sont un certain nombre \u00e0 prendre aussi en compte, dans leur projet professionnel, la responsabilit\u00e9 sociale et environnementale des entreprises.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>C\u2019est le cas de Marion Salles, 25 ans. Dipl\u00f4m\u00e9e de l\u2019\u00e9cole d\u2019ing\u00e9nieurs AgroCampusOuest en 2016, elle a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 alterner ch\u00f4mage et CDD dans des structures associatives plut\u00f4t que de sauter sur le premier poste venu dans l\u2019industrie agroalimentaire. <em>\u00ab\u00a0Au cours de mes \u00e9tudes, j\u2019ai fait trois fois six mois de stage dans de grands groupes du secteur<\/em>, raconte-t-elle. <em>Mais je ne m\u2019y retrouvais pas. J\u2019ai besoin que mon action ait un impact social positif. Tant pis si je dois, pour cela, m\u2019\u00e9loigner de ma formation initiale.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<h6 class=\"article__sub-title\">Figure d\u2019exception<\/h6>\n<p>Marion fait cependant plut\u00f4t figure d\u2019exception dans le paysage.<em> \u00ab\u00a0Oui, on voit des jeunes bouder certains secteurs comme l\u2019\u00e9nergie, l\u2019industrie pharmaceutique ou les cigarettiers\u00a0\u00bb<\/em>, confirme Manuelle Malot. <em>\u00ab\u00a0Mais ce sont des \u00e9tudiants de grandes \u00e9coles, tr\u00e8s courtis\u00e9s par les employeurs. Ils peuvent se permettre de se montrer plus exigeants sur les valeurs. Tous les jeunes n\u2019ont pas ce privil\u00e8ge.\u00a0\u00bb<\/em> Et m\u00eame quand ils l\u2019ont, ils ne se d\u00e9tournent pas pour autant des grandes multinationales, qui leur offrent davantage de d\u00e9bouch\u00e9s et d\u2019opportunit\u00e9s de carri\u00e8re que les jeunes pousses de l\u2019\u00e9conomie sociale et solidaire.<\/p>\n<p><em>\u00ab Malgr\u00e9 les plans sociaux, Air France a toujours gard\u00e9 une bonne image aupr\u00e8s des jeunes dipl\u00f4m\u00e9s \u00bb<\/em>, note ainsi Aur\u00e9lie Robertet, directrice France et Benelux du cabinet d\u2019\u00e9tudes internationales Universum. Idem pour les GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) ou les g\u00e9ants de la d\u00e9fense et de l\u2019armement que sont Thal\u00e8s, Safran et Dassault.<\/p>\n<h6 class=\"article__sub-title\">L\u2019ambiance de travail prime<\/h6>\n<p><em>\u00ab\u00a0Quand on demande aux jeunes si les valeurs de l\u2019entreprise sont importantes pour eux, ils disent que oui, mais au moment de choisir un job, ils en font rarement un crit\u00e8re d\u00e9terminant\u00a0\u00bb<\/em>, note Fran\u00e7ois B\u00e9harel, pr\u00e9sident de Randstad en France. <a href=\"https:\/\/www.randstad-employer-brand-research.fr\/letude\/letude-2018\/\">En atteste l\u2019\u00e9tude que le groupe a publi\u00e9e le 29\u00a0mars sur les leviers d\u2019attractivit\u00e9 des grandes entreprises.<\/a> Chez les 18-24\u00a0ans interrog\u00e9s en France, c\u2019est l\u2019ambiance de travail qui prime \u00e0 55\u00a0%, devant le salaire (52\u00a0%), la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019emploi (40\u00a0%) et la progression de carri\u00e8re (39\u00a0%). L\u2019impact positif sur la soci\u00e9t\u00e9, en revanche, n\u2019est cit\u00e9 que par 26\u00a0% d\u2019entre eux.<\/p>\n<p>Cela n\u2019emp\u00eache pas les jeunes candidats de demander des comptes sur le sujet en entretien. <em>\u00ab\u00a0Ceux que l\u2019on re\u00e7oit nous posent syst\u00e9matiquement des questions sur le type de management exerc\u00e9 et sur nos actions en mati\u00e8re de respect de l\u2019environnement\u00a0\u00bb<\/em>, t\u00e9moigne Isabelle Bourgeois Potel, chef du d\u00e9partement emploi et carri\u00e8re chez Arcelor<em>. \u00ab\u00a0Ils cherchent \u00e0 v\u00e9rifier que l\u2019on met bien en pratique les valeurs que l\u2019on affiche.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>M\u00eame constat chez Total d\u2019apr\u00e8s Thomas Fell, directeur recrutement et alternance. <em>\u00ab\u00a0Nous n\u2019avons pas de probl\u00e8mes pour recruter dans nos m\u00e9tiers<\/em>, assure-t-il.<em> Les jeunes savent que nous proposons des jobs int\u00e9ressants, dans la dur\u00e9e, avec de belles perspectives de carri\u00e8re, en France comme \u00e0 l\u2019international. Ils savent aussi que le Total d\u2019aujourd\u2019hui n\u2019est plus le Total d\u2019il y a vingt ans, que nous avons mis le mix \u00e9nerg\u00e9tique au c\u0153ur de notre strat\u00e9gie. Mais ils ont besoin qu\u2019on les r\u00e9assure.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<h6 class=\"article__sub-title\">Manifeste<\/h6>\n<p>Titulaire de deux masters en droit international et en droits de l\u2019homme, Ariane Thenadey, 26\u00a0ans, qui travaille chez Total, n\u2019est pas na\u00efve. Elle est parfaitement consciente de la responsabilit\u00e9 que portent les industries extractives dans le quotidien des peuples indig\u00e8nes, notamment en Amazonie. Elle a travaill\u00e9 pendant un an sur le sujet pour une ONG au P\u00e9rou.<em> \u00ab\u00a0Mais je me suis rendu compte que c\u2019est en \u00e9tant dedans que j\u2019aurais le plus d\u2019impact<\/em>, confie-t-elle. <em>L\u2019industrie p\u00e9troli\u00e8re va continuer \u00e0 fonctionner pendant des d\u00e9cennies. Autant veiller \u00e0 ce qu\u2019elle le fasse le mieux possible.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>Influencer plut\u00f4t que boycotter\u00a0? C\u2019est aussi l\u2019ambition des quelque 26\u00a0000\u00a0\u00e9tudiants de grandes \u00e9coles qui ont sign\u00e9 le manifeste pour un r\u00e9veil \u00e9cologique. <em>\u00ab\u00a0A quoi bon d\u00e9nigrer les grands groupes traditionnels puisqu\u2019ils sont vou\u00e9s \u00e0 perdurer un bon moment encore\u00a0?\u00a0\u00bb, <\/em>s\u2019interroge Th\u00e9o Miloche, 22\u00a0ans, \u00e9tudiant en master \u00e0 Sciences Po. <em>\u00ab\u00a0En tant qu\u2019\u00e9tudiants de grandes \u00e9coles, nous avons la chance de pouvoir nous ins\u00e9rer assez facilement sur le march\u00e9 du travail. Autant utiliser cette marge de man\u0153uvre pour faire bouger les lignes.\u00a0\u00bb<\/em> Une sorte de r\u00e9volution de velours en somme.<\/p>\n<p>Source: <a href=\"https:\/\/www.lemonde.fr\/campus\/article\/2019\/03\/29\/jeunes-diplomes-je-ne-me-vois-pas-consacrer-trente-cinq-heures-par-semaine-a-un-boulot-qui-ne-respecte-pas-mes-valeurs_5443404_4401467.html\">Le Monde<\/a><\/p>\n<\/section>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La g\u00e9n\u00e9ration des 18-24 ans, compatible avec l\u2019\u00e9cologie, se montre de plus en plus exigeante en mati\u00e8re de responsabilit\u00e9 sociale&#8230;<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[15],"class_list":["post-630","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-non-classifiee","tag-marie-claude-perreault"],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/rpgl.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/630","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/rpgl.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/rpgl.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rpgl.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/rpgl.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=630"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/rpgl.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/630\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":634,"href":"https:\/\/rpgl.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/630\/revisions\/634"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/rpgl.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=630"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/rpgl.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=630"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/rpgl.ca\/en\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=630"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}